Les Frères Brothers – Décalés avec goût (Launaguet, 31) 26.01

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En ce vendredi 26 janvier, Le Musicodrome était à la salle des fêtes de Launaguet (31) pour la venue des Frères Brothers, dans le cadre du festival Détour de Chants. Entre humour et chanson, la performance de ces polissons a accroché un sourire dans le cœur du public. 

En ce soir de spectacle, l’objectif des Frères Brothers était double : nous divertir et nous faire voyager. Au service de ce duo, le quatuor a utilisé toutes les cordes de son arc : usant de jolis mots, nous invitant dans leur intimité, créant des ambiances à l’aide de voix et d’accessoires juste et sincères, Mathieu Vincent Jean Cri et Bertrand ont passé l’épreuve avec panache et brio.

Sur Matin, midi et soir, ils se présentent. Nous entrouvrent la porte de leur univers. De polyphonies en interludes, les 4 personnages savent faire groupe, tout en gardant une identité personnelle forte et assumée. Chacun trouve sa place sur scène, et au bout du compte c’est le public qui se régale : pour certaines même, le groupe devenu breton pour l’occasion « titille les ovaires, bouscule la matrice » sur La flamell.

« Les gens nous demandent : Mais comment vous faites pour être tout le temps heureux ? »

La parole est donnée tour à tour aux garçons, qui s’adressent au public pour parler des malheureux de La gravité. Puis Mathieu et Bertrand se passent le relais au beatbox, quand Vincent nous parle de Sandrine, qui a donné un sens à sa vie. De Jacques Brel à Oedipe, de Shakespeare à Bambi, les références sont multiples et variées : le grand écart culturel est permis et peut survenir à chaque instant. Empruntant des personnages tous plus ubuesques les uns que les autres, les Frères Brothers nous font voyager sans nous permettre de reprendre notre souffle : la rêverie est sur scène, pourquoi la chercher ailleurs ?

Tantôt Employés municipals, tantôt Cowboys, ils marient la rime à la complicité, et n’en tarissent plus d’accents, d’interaction, de second degré et de sous-entendus. Pour « une nuit blanche tous les deux », ils sont capables de tout.

Mais ce naturel et cette approche légère ne seraient pas possible sans un talent immense. Heureusement, les Frères Brothers le possèdent et cela leur permet de dominer leur art, de nous donner l’illusion d’une performance facile, performance qui pourtant entremêle rythmes effrénés, synchronisation impeccable et cordes vocales surdouées.

Les gentlemen Colloctionneurs finissent de nous présenter leurs collections en nous entraînant dans une boum douteuse des années 90, avant d’ouvrir nos yeux dans les étoiles d’une corrida espagnole. Le décalage comme mot d’ordre, le sourire en bandoulière, Grand Corps Billard pousse un Coup de gueule, Maurice et marcelle partent en voyage et Jean Cri, acteur de Q, se voit pousser des dreadlocks.

Mentions spéciales pour Xavier, technicien qui tel un ninja a réalisé une opération à baffle ouverte en plein cœur du direct, et pour ma voisine de droite et ses commentaires explicatifs, qui m’aura permis de comprendre toutes les blagues deux fois.

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