Release Party

Les Bérurier Noir dans la release punk party #2

18 mars 2014, Aiollywood

Avant de se délecter de nouveautés bien fraîches de 2015, Le Musicodrome remet le « vieux » à l’honneur en ressortant de ses tiroirs une release party débutée… en 2012 et jamais poursuivie ! Cette release party spéciale punk, qui avait mis l’accent sur Les Sheriff et Les Rats lors du premier volet, revient donc aujourd’hui. Allez, un petit coup dans le rétro en compagnie des mythiques Bérurier Noir ! En mode « à l’ancienne »…

Pour ceux qui se rappellent du premier volet de cette release punk party lancée sur Le Musicodrome en 2012, nul doute que le mot d’ordre n’a pas bougé d’un iota ! A l’heure où beaucoup de groupes ne cherchent pas plus loin que le bout de leur nez en faisant du neuf avec du vieux, autant retourner quelques instants dans le « vieux » justement… Car tout bon amateur de punk est forcément passé par ces différentes étapes musicales, agitées, pleine de sueur, à coups de rangers et de bonne bière. On a eu la notre, version an 2000, certes. Au programme du jour donc, même combat qu’en 2012 : vous faire partager les groupes incontournables de la scène punk française depuis ses premiers pas avec des « pointures » du genre mais aussi des groupes qui ont fait aussi leur trou, à leur manière. Le premier volet évoquait les incontournables montpelliérains des Sheriff ainsi que Les Rats, place cette fois aux Bérus pour un dossier spécial long format !

DE LA NUIT APACHE AU GRAND FOLKLORE MONDIAL, LES BERURIER NOIR LAISSERONT UNE TRACE INDÉLÉBILE DE LEUR PASSAGE

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Pilier et véritable icône de la scène alternative française, Bérurier Noir est de loin le groupe le plus rassembleur et fédérateur que la scène punk et underground française ait connue. Alors que le punk était à son apogée (année 80), « BxN » se forge son identité dans les squats parisiens. Mieux, ils dépassent la rampe de lancement suite au concert d’adieu des Béruriers… pour se transformer en Bérurier Noir ! Fanfan et Loran font des textes leur principal moyen d’action : les idées, centre névralgique de la révolte et de l’insoumission, propulsent le groupe sur le devant de la scène musicale mais surtout militante. Violente et incisive, la fièvre insurrectionnelle se répand alors comme le feu aux poudres… Attaquant les injustices, la machine étatique, le racisme et le fascisme, tout en se greffant dans tous les nombreux mouvements sociaux du moment, rien n’est laissé au hasard. Les Bérurier Noir sont sur tous les fronts, s’imprègnent des valeurs libertaires et souhaitent dorénavant proposer sa musique à tous : multipliant les concerts sauvages lors des tournées, n’hésitant pas à lancer des bras de fer avec leurs propres labels indépendants, les Bérus ne lâcheront rien.

D’un son martelant va naître aussi un autre visage à la fois revendicatif et festif, intégrant des éléments de cirque autant sur ses thématiques d’albums puis surtout dans sa mise en scène live et les nouvelles sonorités cuivrées injectées. A la fois déguisé et accompagné de jongleurs et d’artistes en tous genres, le trio peut vite se transformer en véritable troupe d’agités de 15 personnes sur les planches…

De Geronimo à l’Asie, des images révolutionnaires des peuples insoumis, des rebelles apaches à la nuit noire, les Bérurier Noir ont partagé une vision du monde qui était en réalité celle de toute une frange de la population. Des punk aux jeunes, des militants aux libertaires, des libres-penseurs ou à tous ceux qui s’identifient en masse dans cette contre-culture, les Bérus sont allés jusqu’à menacer de ne pas assurer leurs concerts si toutes les personnes qui souhaitaient y assister ne pouvaient rentrer dans la salle. Ce « mouvement de la jeunesse » insufflé, celle d’une jeunesse unie, soudée et revendicatrice d’une autre société loin du « tout flic et militariste » telle qu’elle existe encore aujourd’hui mériterait d’être remis à l’ordre du jour…

Hissant le drapeau noir de leurs idées en appelant tous les petits agités à rejoindre leur combat, BxN a toujours avancé à visage découvert, dans les squats poisseux ou sur les plus grandes salles du pays et bien au-delà. Les jeunes, ayant enfin un groupe qui lui ressemble, ont été à deux doigts de prendre le pouvoir.

Le Manifeste n°2 (1984) tiré des Archives de la Zone Mondiale en est la preuve irréfutable : « On ne veut pas jouer devant des gens assis qui applaudissent à la fin pour montrer que c’est bien, on ne veut pas être un produit consommé et avoir ce rapport très froid avec le public. On essaye de casser la scène avec un public qui participe, un peu comme le cirque il y a 100 ans : des types qui faisaient un spectacle dans la rue et des gens qui venaient autour… Une fois qu’on est tous rassemblés, on ne peut plus arrêter le concert, même si les flics sont dehors… Et si en face de François, des types lèvent le poing, c’est qu’ils veulent que le concert continue… Le public représente un potentiel d’énergie qui peut faire bouger les choses. Nous, on dit : ’Prenez vous en charge. Il faut que les groupes et le public prennent les salles, de force’. On a fait un concert à la fac de Tolbiac avec les Porte-Mentaux. Il y avait 700 types, qui sont rentrés dans un amphi, ont vidé le prof, et on a joué. C’est ça la force du public. C’est comme le concert au Liberty’s… On a joué dehors, devant la boîte. Les flics sont venus tout de suite mais n’ont rien pu faire parce que le gens ont tenu le groupe, faisaient un cordon autour de nous… C’est ça aussi le petit théâtre de force : un noyau et de l’énergie autour. »

Voyant ses rangs grossir considérablement entre 1986 et 1989, c’est pourtant à leur apogée que les Bérus vont quitter la scène musicale, annonçant leur séparation au terme de trois concerts archi-comble à l’Olympia de Paris, les 9, 10 et 11 novembre 1989 pour leur « suicide » annoncé. Le groupe s’arrête : François lâche le micro, Loran délaisse la guitare, Masto son saxo. Les nombreux autres membres ayant collaboré sur les Bérus aussi. Pourtant les idées, elles, restent… Ainsi squattent-ils.

 Extraits « Viva bertaga » / concert d’adieu de novembre 1989 / 57 minutes

Discographie : « Nada » -maxi- (1983) ; « Macadam massacre » (1983) ; « Macadam massacre » -EP- (1984) ; « Nada84 » -EP- (1984) ; « Concerto pour détraqués » (1985) ; « L’empereur tomato ketchup » -EP- (1986) ; « Joyeux merdier » -maxi- (1986) ; « Abracadaboum » (1987) ; « Ils veulent nous tuer » -maxi- (1988) ; « Makhnovtchina » -EP- (1988) ; « Viet-Nâm Laos Cambodge » (1988) ; « Souvent fauché, toujours marteau » (1989) ; « Viva Bertaga » -live- (1990) ; « Carnaval des agités » -live- (1995) ; « La bataille de Palikao » -live- (1998) ; « Enfoncez l’clown » -Best-of- (1999) ; « Même pas mort » -live/dvd/cd (2003) ; « L’opéra des loups » -dvd/cd- (2005) ; « Invisible » (2006)

Et maintenant ? 

Loran a monté un nouveau projet, Les Ramoneurs de Menhirs, groupe de punk qui reprend des chants traditionnels bretons chantés en français ou en breton. Ils reprennent également des classiques des Bérus tels que Vive le feu, Vivre libre ou mourir, etc.
Masto a fondé un duo Der Pim Pam Poum, lui qui est musicien mais aussi photographe, et participe a des projets en tous genres au niveau culturel
François, l’ex-chanteur des Bérus, passe un doctorat qui lui permet de décrocher le diplome de docteur en histoire en 2003 avant d’intégrer le CNRS en 2005.

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