Interview

« On est tout sauf des marioles ! » – Jean-Marc Sauvagnargues / Les Fatals Picards (2/2)

5 octobre 2013, Aiollywood
Les Fatals Picards Avignon décembre 2016 Photos Nomades

Les Fatals Picards aux Passagers du Zinc d’Avignon en novembre 2016 / crédits photos : Photos Nomades

Quelques heures avant leur passage à la salle Victoire 2 de Montpellier, Le Musicodrome a rencontré Jean-Marc Sauvagnargues, batteur des Fatals Picards, pour évoquer, ensemble, l’actualité du groupe. De la sortie du nouvel album, « Septième Ciel », à la stabilité enfin trouvée par le groupe depuis plusieurs années, tout y passe. Des médias qui les boycottent, le départ d’Ivan, la chanson sur Johnny… à la fameuse moustache de Paul !    

 

Le public des Fatals Picards grossit de plus en plus ?

JM : Oui ! On est vraiment portés, portés et encore portés par ce public qui grossit de jour en jour. Heureusement que les réseaux sociaux sont là pour communiquer, la presse régionale (comme vous d’ailleurs !) et les radios locales qui nous ont toujours soutenues… Ca, ça fonctionne bien. Heureusement qu’il reste ça aux groupes alternatifs actuels.

Depuis 3-4 ans, on peut parler d’une véritable explosion ?

JM : Toutes les classes sociales confondues, même si l’on est plus de Gauche, tout les âges… c’est vrai que depuis deux albums ça fonctionne bien. Le bouche à oreilles fonctionne. Tu joues dans un bled, les gens ne te connaissent pas, mais après ils reviennent. Puis aucun concert ne se ressemble ! C’est le même set, mais on balance des vannes et ça plait. Une fan m’a avoué qu’elle venait de faire son 100e concert des Fatals Picards, c’est fou ! Et ce malgré les différentes périodes, c’est fou.

« Les gens viennent voir un vrai groupe »

En parlant de ça, j’avais eu l’occasion de voir les Fatals Picards juste après le départ d’Ivan à la fête du PC de Lézan (30)… J’avais été clairement déçu de ce concert : on sentait un déséquilibre scénique, Paul se retrouvait tout seul au chant…

JM : Oula oui, quelle difficile période ! Il fallait justement retrouver un point d’équilibre que l’on avait complètement perdu. Pour Ivan, la musique n’était pas importante, tout reposait sur la mise en scène, le show. Donc Paul devait trouver ses marques, c’est compliqué lorsque tu passes de deux à un seul chanteur, puis il fallait surtout que nous trois, les musiciens, on se mette clairement en avant. Il fallait qu’on prenne de l’importance sachant qu’avant, les gens venaient voir un duo, Paul et Ivan, alors que maintenant, les gens viennent voir un vrai groupe ! Par exemple moi, au cours de cette nouvelle tournée, je chante 4 chansons avec Paul. Les choses changent… Tu vois maintenant, c’est Laurent aussi qui écrit les chansons : chacun occupe une place, une véritable place au sein du groupe.

Je pensais sincèrement que les Fatals Picards ne tiendraient pas sur la longueur suite au départ d’Ivan, mais aujourd’hui, après une bonne année de rodage ou de transition comme tu préfères, la machine est repartie. On voit clairement que chacun s’éclate sur scène, vient faire le con, il y a cette fraîcheur qu’il n’y avait pas avant, clairement.

JM : Je suis entièrement d’accord avec toi. Ivan aimait que tout soit clairement écrit. C’était très bien écrit d’ailleurs, c’est un homme qui a beaucoup de talent. Alors que Paul… bah il ne prépare pas, lui. Il vient comme il vient, et c’est ce qui fait toute la fraîcheur du truc ! Tu vois par exemple en septembre on s’est tapés 3 jours de résidence pour répéter un peu les nouveaux morceaux car on veut les jouer d’une certaine manière. On ne le faisait pas avec Ivan, ça. Il n’aimait pas ça. Il voulait que l’on soit spontanés. Mais ça marche un temps… après il faut savoir grandir. Et il faut dire que, musicalement, on est bien meilleur qu’avant. Les Fatals Picards sur tout point ont progressé. On a su garder des fans de la vieille époque, même si j’ai angoissé pendant des mois, crois-moi. Quand je voyais tout ce qu’il fallait faire, je me disais « on va le faire, on peut le faire ! ». Après il restait à savoir comment. On aurait pu faire l’erreur de dire « laissons Paul tout faire, et nous, restons derrière », mais nous ne l’avons pas fait. Il fallait que TOUS nous fassions l’effort.

Quand des gens me rabâchent que c’était mieux avec Ivan, je leur dis une chose : « ré-écouter les albums, et dites-moi si, musicalement, c’était mieux ? ». Bien sûr qu’il y avait de bonnes choses, de bons morceaux, que l’on continue d’ailleurs à jouer, même si ces compos ne sont pas rock !

De toutes façons il y aura toujours des gens qui te diront que c’était mieux avant. Et pour tout ! Dans la musique, le cinéma, la politique…

JM : Ah oui, complètement !

Les Fatals Picards Avignon décembre 2016 Photos Nomades

Les Fatals Picards

Les Fatals Picards aux Passagers du Zinc d’Avignon en novembre 2016 / crédits photos : Photos Nomades

 

« Les organisateurs de la fête de l’Huma ne nous invitent pas »

J’en profite pour faire une petite transition politique : les Fatals Picards ont été à l’affiche de nombreuses fêtes du Parti Communiste depuis des années, pourquoi cette volonté ?

JM : Ah ça c’est sûr que l’on doit être l’artiste le plus représenté (rires) ! Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on nous invite et que l’on nous paye. Et d’ailleurs j’en profite pour tirer mon coup de gueule : cela me rend hystérique, mais vraiment hystérique, que les organisateurs de la Fête de l’Huma ne nous invitent pas ! Chaque année à la même période je leur écris, rien à faire. Et pourtant les Fatals Picards sont clairement positionnés sur la question. Ben non ! Par contre il va y avoir des Marc Lavoine et tous ces chanteurs de Droite, mais les groupes de Gauche ne sont pas invités. Attention, je ne demande pas à passer à 20h sur la grande scène, mais à 17h ? Donc pour revenir à ta question, oui, à chaque fois que l’on nous invite pour les fêtes de PC, du journal La Marseillaise et les fêtes de l’Huma locales ou régionales, on y va ! Puis il y a une ambiance vraiment particulière que l’on ne retrouve pas ailleurs ! Je ne comprends pas… Il y en a beaucoup qui sont restés coincés sur le mot « Picards », non, on n’est pas picards. Il y a ceux qui sont restés coincés sur l’Eurovision et qui pensent que nous faisons de la variété. Bon c’est vrai que l’on s’est tirés quelques balles dans le pied, mais bon, tant pis.

On finit sur des notes plus légères ? Je regardais la page Facebook du groupe et un constat m’a sauté aux yeux. Paul a perdu son hégémonie, tu es à présent celui des Fatals Picards qui fait craquer le plus de filles !

JM : Ah mais ça fait longtemps ! Attends j’ai un putain de corps d’athlète ! Je bois pas de bières moi comme lui ! Et puis en plus, je fais du sport tous les jours, deux heures ! Et ça change tout, même avec 10 ans de plus. Et si tu savais comme ça l’énerve (rires) !

Mais qu’est ce qu’il a fait avec sa moustache ?

JM : Ah mais il le cherche : il se met des handicaps monstrueux ! Ecoute il manque de goût…

Slim + moustache = mauvais combo ?

JM : Mais on lui dit ! Heureusement pour lui qu’il y a quelques filles qui n’ont pas de goût ! Mais c’est bien connu : on a toujours tendance à se rabattre vers le batteur qui est le point central du groupe.

C’est clair, tout repose dans les bras !

JM : Exactement, tu les as vu ?

Oui ! D’ailleurs, est ce que Paul est un punk refoulé ?

JM : Pas du tout ! Je ne vais pas te dire de mensonge, mais pas du tout. Il est cool. Tout simplement cool ! Non il serait plus roots que punk. Aaaah je ne peux pas en dire plus mais… je dirais que c’est un mec souple (rires).

Ok ! Le mot de la fin : les Fatals Picards c’est tout sauf quoi ?

JM : Les Fatals Picards c’est tout, sauf… oh putain tu me bloques ! Euh… On est peut-être des comiques mais pas des marioles. Ouais, c’est ça ! Les Fatals Picards c’est tout sauf des marioles ! C’est ça, le mot de la fin !

Un grand merci à Jean-Marc Sauvagnargues pour son sérieux, son humour et sa compréhension !

Interview réalisé le vendredi 27 septembre 2013. 

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