Chronique

Groundation « The next generation » (2018)

5 octobre 2018, Ius
groundation fossil fuels 2018

Après une pause de quatre ans suite à l’album « A miracle », Groundation a repris le chemin de la compo. Il faut dire que la machine est bien huilée : cela fait près de 20 ans que Groundation distille sa musique pleine d’humanité. Le 21 septembre dernier, les californiens sortaient « The next generation », le 9ème album studio de leur discographie.

Une nouvelle génération ?

« The next generation ». En voilà un titre très bien approprié pour ce nouvel opus. Tout d’abord pour le groupe, qui repart avec une toute nouvelle formation après le départ, entre autres, de deux des membres fondateurs du groupe Marcus Urani etRyan Newman. C’est aussi limpide lorsqu’on voit le (folklore) contexte mondiale actuel. Groundation ne cessera de prôner des messages politiques et sociaux forts contre les mauvais pensants, que ce soit sur l’écologie (Fossils fuels), le sujet des réfugiés (New life) ou les inégalités sociales (Prophets and profits).

« The system tell us to respect rich and power but in Jah light people must gather » .
Groundation, Prophets and Profits

A travers cet album, Groundation semble vouloir transmettre ses valeurs ainsi que son message de paix et d’espoir aux nouvelles générations. Le ton est donné…

Au menu, richesse et diversité musicale !

Les nouveaux musiciens du groupe, issus comme Harisson Stafford de l’Université de Sonoma en Californie du Nord, n’ont absolument rien à envier à leurs prédécesseurs. On retrouve en effet, cette qualité dans les instrus et ce sur l’ensemble des morceaux de l’album.

On retrouve des titres plutôt proches des sonorités reggae-roots comme Warrior blues ou encore Fossil Fuels  ainsi que des titres plus énergiques se rapprochant d’un rythme ska comme One but ten ou Lion in man. On se surprend même à se délecter de rythmes afro voir afro jazz comme My shield. A noter également la présence de Ponte de Equilbrio, groupe phare du reggae brésilien, sur le titre Hero, donnant encore plus de hauteur au track. Sans aucun doute, cela vient compléter le panel musical : la langue brésilienne se mariant parfaitement bien aux sonorités du clavier.

Bien évidemment, ces morceaux ne se résument pas qu’à des sonorités roots. Groundation nous l’avait déjà prouvé avec ces tendances jazz et même parfois soul, sur l’opus précédent. Ici, Groundation va encore plus loin dans le travail de ses morceaux : la richesse qui y règne est d’ailleurs encore plus forte que sur « A miracle ». C’est au cœur des morceaux que la diversité opère !

Le premier morceau de l’album, Vanity, en est le parfait exemple. Orchestré par 12 cuivres, ce titre assez court semble au premier abord bien compliqué à comprendre, notamment dans sa construction. Pourtant, ce titre fait pratiquement office de présentation des nouveaux virtuoses, Harisson Stafford n’intervenant dans le morceau qu’après un peu plus de deux minutes de son… La démonstration de force des musiciens en est d’autant plus renforcée !

Groundation Harrison Stafford Photo ©Rémi Lubin/OnePic

Les coups de cœur Musicodrome

La musique, c’est souvent une question de coup de cœur, de mettre en phase les vibrations d’une chanson avec nos propres vibrations. Écouter un morceau et dés la première écoute se dire que ce morceau est déjà « un classique », cela traduit toujours des affinités particulières. Alors plutôt que de vous décortiquer techniquement chaque morceau de l’album dans le détail, nous préférons vous présenter une petite sélection des coups de cœur du Musicodrome.

Il y a d’abord One but ten. C’est un  morceau plein d’entrain rythmé et marqué par le clavier et la batterie avec des breaks gérés à la perfection. On aime également l’alternance des cuivres et des chœurs sur les refrains. Le passage du morceau que l’on préfère reste sans aucun doute le ‘battle’ des solos entre le clavier et la batterie venant conclure ce morceau avec une énergie complètement folle.

Ensuite, il y a Lion in Man. Plein d’énergie, ce titre nous invite à la danse. Comme le dit Harisson « You got move, you got to groove yeah ». On appréciera également le solo de guitare en milieu de morceau. C’est le genre de morceau qui donne envie de se bouger quelque soit les circonstances.

Impossible de ne pas citer ensuite Fossil fuels. Tout d’abord pour le thème abordé, tellement d’actualité, ce titre rappelle l’urgence que constitue la mise en place de moyens écologiques universels. Concernant l’aspect musical, c’est un morceau très roots où l’on retrouve une basse bien lourde parfaitement bien accompagnée de cuivres, de chœurs et de la voix atypique mais tellement communicative du Professor. La basse se place comme élément central du titre comme pour appuyer le message, ce qui donne tout son sens à cette chanson.

« We should all aim to live a life of sustainability, instead of burning earth’s ressources while polluting the sea » Groundation Fossil fuels

Enfin, il y a Father and child. Contrairement à ce qui est énoncé plus haut, il y a aussi des titres qui s’apprécient après plusieurs écoutes et c’est là toute la subtilité d’un album réussi. On ne s’en lasse pas, on découvre, on change de morceau favori au fil des mois, on associe chaque chanson à des situations ou des moments passés…

C’est un peu le cas de cette très belle ballade qui vient parfaitement conclure cet album. Ce n’est pas un morceau qui nous aura marqué dès la première ou à la deuxième écoute, et pourtant, on se rend vite compte que l’on pouvait difficilement imaginer une autre conclusion pour l’album. Introduit par la trompette, c’est à la guitare acoustique de venir prendre le lead suivi de prés par le clavier et la basse. Et comment ? Tout en douceur. Ce morceau évoque la transmission d’un père à son fils, la transmission, en quelque sorte, à la nouvelle génération…

 

Groundation en concert ? 

Vous les retrouverez en tournée en France tout ce mois d’octobre. Ils concluront leur tournée par la toute première édition du Baco Reggae Festival en compagnie de Danakil, Protoje and the Indiggnation, The Skints, Nattali  Rize et Pierre Nesta le 27 octobre au Zénith de Paris.

The Next Generation Tour, 10/2018
Baco Reggae Festival, 27 Octobre 2018 au Zénith de Paris

FICHE TECHNIQUE

Tracklist
1. Vanity
2. One but ten
3. New life
4. Warrior blues
5. Lion in man
6. Prophets and profits
7.  Hero
8. Fossil fuels
9. My shield
10. Try me
11. Father and child

Sortie : 21 septembre 2018
Durée : 57 min
Discographie : 9ème
Genres : Reggae / jazz
Label : Baco Records

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1 commentaire

  • Répondre max 15 octobre 2018 at 17 h 31 min

    Merci pour la review..

    Bon album mais je trouve qu’il manque quelque chose. Certaines composition me font penser à des copies d’ancien morceaux avec une sonorité en moins.
    Les cuivres ne sont pas aussi bon qu’avant, le saxo et la guitare électrique trop présent selon moi…
    Je me suis lassé assez rapidement de cet album, une première pour ce groupe.

    Je l’ai ai vu cet été en live, déception, sur scène il n’y a qu’un saxo, les autres cuivres sont joués au clavier…

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