Chronique

GiT « Imagination » (2011)

3 février 2012, Aiollywood
Critique Git Imagination 2011

Attardons-nous sur un album qui tourne en boucle ces derniers jours : une petite perle américaine, Git. Petite séance découverte au programme !

Il y a des albums que l’on repère car ils ont une pochette attrayante, alors que l’on serait incapable, au premier abord, de déterminer de quel style il s’agit. Git, ou plutôt « Imagination », fait partie de ceux là. Aujourd’hui, séquence découverte et voyage aux USA au bout de ces 16 pistes. Verdict ? Si ce petit jeu de l’inconnu ne marche pas à tous les coups, cette fois-ci, on a peut être mis le doigt sur quelque chose…

À vrai dire, nous n’avons que très peu d’informations sur G.I.T.. Après avoir été aux côtés des Street Preachers, ce dernier s’offre ici un projet solo plus expérimental et nous plonge dans un inconnu roots où se mêlent hip-hop, house et électronique.

C’est le titre éponyme de la galette qui ouvre le bal. Très psyché et trip-hop, les samples groove résonnent comme un écho avec des « Imagination » torturés. L’accroche reste assez délicate, tant ce premier titre peut paraître brumeux et très différent du reste de l’album, et c’est « Did You Hear Something » qui va donner le ton : saccadé, scratchs et pop très féminine enrobent une piste ravageuse.

L’univers de Git est sombre, mais aux influences multiples : sur « Free World Isn’t It« , on retrouve les sonorités hip-hop de son précédent projet agrémentées d’une voix soul. En featuring avec Distrakt, (« Destroy ») le résultat est épatant : en moins de 2 minutes, le flow de Distrakt finit par embrasser une mélodie à la limite de la symphonie et du cartoon.

Sur « Higher », en duo avec Big Brooklyn Red, Git a choisi d’abaisser la carte soul. Fervent adepte de mélange de sonorités, l’électronica du premier finit par rencontrer la chaleur dégagée par le second. D’ailleurs, il n’est pas étonnant de retrouver diverses tendances africaines dans ses compositions comme sur « Dreamz » où le synthé donne le rythme alors que différentes percussions se répondent. Une ballade acoustique qui semblera se réitérer sur « If You Just Make Love To Me », mais c’était sans compter les nombreux sentiers qu’a tracé Git. Direction le Brésil, des sifflements entêtant en guise de plat de résistance et des percussions brésiliennes qui donnent un côté samba au morceau. Il s’en ressent une envie sincère de proposer un hip-hop revigoré et vivant en piochant dans l’underground.

Désireux de prouver son éclectisme, Git s’est quelque peu laissé guider par ses envies en fin d’album, au risque de se perdre. Sur des pistes beaucoup plus courtes, le DJ s’est essayé sur des compos plus technos (« Loose It ») ou funk (« Up Rock ») entre délires électro/hip-hop (« Spaced Out ») et tours de manège funky disco (« Nothing Can Stop Me Now« ).

Même en pêchant par un excès de gourmandises manifeste, Git démontre en 16 pistes qu’il a plus d’un sample dans son sac. Et après ce voyage électronique aux quatre coins du globe, on ne peut qu’en redemander.

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