Chronique Express

Girls in Hawaii « Nocturne » / Mark Porkchop Holder « Death and the blues » (2017)

19 février 2018, Aiollywood
Chronique Mark Porkchop Holder Death and the blues

Avant de mordre à pleine dent dans la pluie de nouveautés de 2018, Le Musicodrome vous propose aujourd’hui deux chroniques musicales avec des guitares, un peu de sueur pour les uns, un peu plus de douceur pour les autres, mais deux belles sorties de 2017 que nous avions envie de partager avec vous. A quelques semaines de voir les Girls in Hawaii au Rockstore de Montpellier (le 10 mars prochain), petite séquence de rappel avec leur dernier opus, « Nocturne ». Enfin, nous partirons aussi aux States avec Mark Porkchop Holder et son blues suintant.

Girls in Hawaii « Nocturne » (29 septembre 2017) chez [PIAS] -POP/INDE-

En 2013, c’est le cœur lourd que les Girls in Hawaii nous avaient présenté « Everest », endeuillés par la disparition de leur batteur, Denis Wielemans. Quelques années plus tard, le quintet bruxellois est revenu avec « Nocturne » sous les bras. Avec des étoiles plein la tête, de nouveaux rêves aussi, Girls in Hawaii semblent renaître d’une bien belle des manières sur ces 10 titres. La tristesse, dur reflet de la réalité, ne s’évanouit pas en un claquement de doigt mais il faut avancer. Coute que coute. « Nocturne » est une ode à la vie, à l’évasion, au dépassement de soi aussi. On y retrouve les ingrédients incontournables des Girls in Hawaii : les voix envoutantes d’Antoine Wielemans et de Lionel Vancauwenberghe, les mélodies atmosphériques accompagnant l’écoute, et bien sûr cette pop aux notes de post-folk qui revigorent l’esprit. De là à croire que les belges n’ont pas évolué, c’est mal les connaître : le groupe prend, aussi, un nouveau départ et cela s’entend. En toute subtilité, des nappages électroniques s’invitent davantage à la fête sans forcément éclipser la facette rock du groupe. La fin étonnante de « Everest » n’était donc pas un hasard. L’album, qui se laisse dévorer en seule bouchée, connait plusieurs temps forts : impossible de rester insensible à l’ouverture de l’album, un éclair surgissant de la nuit, avec The light et son piano prenant. Guinea pig, malgré l’auto-tune, est pourtant sublime, une virée vers ailleurs. Ensuite, l’enchaînement Overrated/Indifference/Blue shape est un véritable tour de force de douceur : le poids des mots et l’allusion à l’impensable vous clouent au sol avant Blue shape retourne l’esprit. La seconde partie de track, cyclique et qui martèle, assomme sans prévenir. Dommage que le dernier tiers d’album soit un peu moins riche niveau sonorité et élan, déséquilibrant l’album.

Mark Porkchop Holder « Death and the blues » (2017) chez Alive Naturalsounds Records -ROCK/BLUES-

La seconde chronique express du jour met un coup de projecteur sur un groupe américain qui est né sur les cendres des Black Diamond Heavies, groupe originaire de Nashville qui sévissait dans un registre « blues-rock ». Un des deux membres du duo, le fameux Mark Porkchop Holder (aka MPH), a pris la poudre d’escampette en solo pour s’ancrer davantage dans ce style musical qui est incontournable aux Etats-Unis. Sur ce même label que son ancien groupe, MPH a déjà sorti un premier opus (« Let it slide ») et nous allons parler aujourd’hui de son second, « Death and the blues ». Ici, pas de demie mesure : l’artiste s’inspire avant tout des maîtres du genre (Hendrix, Stones & Cie) et s’en délecte ! Tous les ingrédients sont réunis pour distiller un son à l’ancienne et sans bavure (guitare, basse, harmonica, batterie et tambourin), à la fois brut et gras. L’usage de la pédale de fuzz amplifie bien le rendu ! Sur ce 11 titres, Mark Porkchop Holder en profite aussi pour rendre hommage à Junior Kimbrough avec trois reprises au compteur. Toujours grand adepte de la slides à la guitare complément délirants, l’écoute de ce opus, si vous osez vous y aventurer, n’est pas de tout repos. Pour les vaillants, il y a bien sûr Captain captain et Coffin Lid, pour les perdus en plein désert il y a un certain James Leg ou pour les pommés d’un soir, impossible de ne pas jeter une oreille à Nobody wants to cry.

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