Chronique

Gari Grèu « Camarade lézard » (2012)

28 juin 2013, Aiollywood
gari greu camarade lézard 2013

Inutile de vous présenter Gari Grèu, MC du Massilia Sound System et de Oai Star, Le Musicodrome est toujours aux aguets de ce qui se mijote dans le collectif marseillais. En tous cas l’année dernière nous avions évoqué le fait que Gari allait sortir son nouveau projet très personnel, s’intitulant tout simplement Gari Grèu. Sorti en Février 2012, son premier opus, « Camarade Lézard », était certes passé à la trappe de nos traditionnelles chroniques, mais, été oblige, il faut impérativement que vous y jetiez une oreille ! « La RTT à durée indéterminée est posée ! » 

 

Il y a un temps pour tout ! Même avec 1 an de retard, il y a des choses qui ne se ratent pas… Toujours à la quête de nouvelles aventures et de diversité musicale, Gari s’offre un premier coup d’essai particulièrement remarqué. On connaît tous en lui sa faculté à mettre le oai que ce soit dans le Massilia ou dans sa branche agitée (Oai Star), mais lorsqu’il décide de laisser de côté son irrésistible penchant rock on y trouve de bien belles surprises. Les dernières influences rock’n’roll/électro expérimentées sur « Manifesta » à travers Oai Star sont complètement abandonnées sur ce projet et, au contraire, nous découvrons ici sa facette plus calme mais tout aussi entraînante.

Le chanteur nous l’avait confié lors de notre entretien en décembre 2011, il voulait travailler ce côté plus posé mais terriblement boulégant que l’on trouvait dans les tracks made in Oai Star tels que Tête Brûlée, Les Fracas de la Plaine (même si Lux B était au chant), Du Vin et du Boucan… Ici, Gari ouvre son cœur, dévoile son âme, raconte une partie de son histoire avec une sincérité qui en mettrait en déroute plus d’un. Multi-générationnel tout en conservant une identité propre, Gari chante Marseille et garde en lui des souvenirs du quartier comme quand il allait voir jouer au ballon son père (Les Cheminots de Sainte Marthe).

A la manière d’un Magyd Cherfi dans les textes, le marseillais se dote d’une parure chanson/blues, où les influences des Caraïbes doucement impulsées par le banjo, lui donneraient presque un visage de troubadour des temps modernes. D’ailleurs aidés par Magyd Cherfi (Zebda), Franck Vandecasteele (Marcel et son Orchestre), Tatou (dont la griffe est bien visible), Kayalik et Janvié (Massilia Sound System), Gari tchatche sans concession : d’un clin d’oeil à l’italien Garibaldi (Dis Moi Soleil), à une spéciale dédicace aux patois de notre vieil hexagone (Que J’aime le Français), l’occitan n’est jamais bien loin.

N’oubliant jamais les revendications sociales sur son étendard, Gari sait trouver les mots et surtout le bon tempo lorsqu’il essaie de sauver les arbres du Palais Longchamp (Les Arbres du Parc) ou tout simplement sa propre vie (On A Raison), Gari voudrait bien trouver un échappatoire festif à L’Employé. « Dans un beau rayon de lumière », on succombe aussi à ses ballades, tellement vraies, tellement insoupçonnées, tellement tentantes (Le Balcon). « Je n’ai pas pu, je n’ai pas osé, lui dire c’est vous que j’attendais, j’aurais du mille fois aller lui dire c’est vous que j’attendais… elle aurait souri juste après ! ». Parfois avec humour (Je Fais Ce Que Je Veux) mais toujours avec amour (Fait Semblant), les pistes font mouches.

Et quand il suffit de conclure sur un coup de maître, Si On Etait… devient alors cruellement révélateur (« si on était un peu moins con, la Bonne Mère sur sa butte serait vouée à tous les cultes ; si on était un peu moins con, on serait doux, on voudrait être… on ne se prendrait plus la tête »). Oh que oui…

FICHE TECHNIQUE

Tracklist
1. La tasse de thé
2. Les cheminots de Sainte Marthe
3. Dis-moi soleil
4. Camarade lézard
5. Que j’aime le français
6. Le balcon
7. L’employé
8. Je fais ce que je veux
9. Les arbres du parc
10. On a raison
11. Fait semblant
12. Faut pédaler
13. Si on était… 

Sortie : 2012
Durée : 42 minutes
Genres : Chanson française
Discographie : 1er

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