Chronique

Comme une avalanche en plein été : le nouvel album de la Maison Tellier (2016)

5 mars 2016, P'titBapt
La maison Tellier

Comme une machine bien huilée, comme une locomotive lancée, La Maison Tellier ne s’arrête plus. Fort de leurs quatre premiers albums, le dernier en 2013 , les cinq musiciens reprennent leur marche vers d’autres cieux musicaux. Une locomotive lancée ne signifie pas forcément une route toute droite. La preuve en est faite par ce groupe, qui explore différents méandres, de nombreux tunnels et des horizons musicaux, divers et variés. Tout nouveau. Une « Avalanche » qui tombe à pic.

La maison Tellier

Les fondations de la maison sont maintenant solides, après avoir résisté à un volcan sur « Beauté pour tous« , le groupe s’attaque aux onze titres d’une bien belle « Avalanche« . D’emblée le disque ensevelit l’auditeur sous un flot de mots qui s’écoule à un rythme impressionnant. D’usage pour le cinquième album, les cinq musiciens ouvrent leur cd autour de ce nombre cinq, l’offrant au public comme un numéro parfait. Parfait car il s’ouvre sur un solo de guitare, pour le ramener ensuite vers d’autres chemins, ceux que Yannick débroussaille à l’aide de sa voix, d’une douceur traître, capable de s’envoler quand la mélodie le demande. Une belle ouverture.

La Maison Tellier nous offre bien souvent une pépite qui sort du lot, une boule de neige qui prend de l’avance. C’est le cas d’Amazone. une sacré claque remplie de tendresse, remplie de vie et de mélancolie. Et toujours de bons mots.

« N’oublie jamais personne / n’oublie rien / disait-elle en chemin / s’il faut jeter sa vie / au delà des orties / où est la poésie ? / A chaque jour sa peine / Ne dis pas que tu l’aimes »

 

A l’écoute de ce CD le doute s’immisce à travers les titres des chansons. Le groupe s’est-il trouvé ou est-il en perpétuelle recherche d’identité ? Quelqu’un d’autre, Où sont les hommes, Garçon manqué... apportent quelques réponse. Ces chansons sont dans la lignée de ce que savent faire les cinq compère, avec des mélodies musicalement très recherchées, qui accrochent tout de suite et nous emmènent dans l’univers tout particulier du groupe. Où est la poésie ? Quelque part dans les mots de La Maison Tellier, avec des paroles qui interrogent à la première écoute, parfois à la deuxième, mais qui rentrent toujours dans les oreilles avides de beaux mots.

Puis arrive Haut, bas, fragile qui détonne. A nu, la chanteur offre sa voix sans pudeur, sans se cacher, avec une musique progressant minutieusement au fil de la chanson, et qui reste malgré tout très en retrait.  Une chanson qui étonne, mais comme tout le reste de l’album, ces cinq minutes glissent le sur le fil du temps savonné par les explorations musicales du groupe.

« Ne parlez pas de ma maîtresse / elle mérite mieux que ça / épargnez moi vos quelque larmes / sur le drame de la solitude / pour savoir qu’on finit toujours seul / pas besoin d’étude / laissez moi jouer sur le piano / de quelques vieilles grand mères / pas sûr que ça lui tiendra chaud / quand elle sera six pieds sous terre »

La Maison Tellier fait partie de ces groupes dont on a du mal à cerner les influences, qu’il est difficile de ranger dans une caste d’artistes. On pense à Bashung, on entend quelques relent de la belle époque folk du deuxième milieu de 20ème siècle, on a des envolées rock, mais tout cela donne un mélange détonnant. Très calme, cet album a pour autant beaucoup de gueule. Il est évident que c’est un grand cru que le groupe a offert à un public toujours grandissant, l’inspiration est là et ne faiblit pas, la chanson française s’incruste dans le monde musical un peu plus avec cet album. A la bonne heure !

FICHE TECHNIQUE

Tracklist :

1. Cinq est le numéro parfait
2. Amazone
3. J’ai rêvé d’avalanche
4. Quelqu’un d’autre
5. Haut, bas, fragile
6. Beautiful again
7. En toutes choses
8. Où sont les hommes ?
9. Garçon manqué
10. 23h59
11. Taros

Sortie : 29 janvier 2016
Durée : 39 minutes
Genre : chanson française / Rock 
Discographie : 5ème
Label : At(h)OME

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