Chronique

« Bolchoï » Soviet Suprem (2014)

27 janvier 2014, Aiollywood
Soviet Suprem Bolchoï

20 ans après la chute du mur de Berlin, ils reviennent vous hanter, vous martyriser, voire même vous torturer l’esprit… Les Soviet Suprem débarquent sans ménagement possible. Déterminés comme jamais, John Lénine (alias Toma de La Caravane Passe) et Sylvester Staline (alias R-Wan de Java) comptent bien sabrer « Bolchoï » à coup de faucille. Avant de passer à une conquête plus longue annoncée pour le printemps prochain… 

« La révolution a trouvé son mélomane ! Le Yellow Potemkine sort des bas fonds ! ». John Lénine y va fort et, pour preuve, avec son camarde de route, Sylvester Staline, la croix communiste qu’ils portent les a à jamais lié. Dans ce soulèvement soviétique, ils ne sont d’ailleurs pas seuls : accompagnés de DJ Croute Chef (alias Niko le K), les ouvriers stakhanovistes travaillent d’arrache pied pour livrer leur son révolutionnaire. Car, oui, la machine rouge est bien lancée : véritable icône de l’URSS, Babouchka débarque dans le « Bolchoï ».

Avec le capitalisme mis à mort par la crise, il faut à présent diffuser la bonne parole car une Red army a été dressée pour se répandre vers l’Ouest. Pire, les pions avancent : « opération rouge-gorge, fraction poupées russes. Parés pour la prise de texte, prêt à déclenché le putsch ! ». Sonnant au peuple d’un ton acerré « le CD décédé nous a soudé pour déterrer les fantômes du PC ! », le hip hop soviétique envoie un premier signal fort au peuple occidental.

Protégé à coups de barbelés bien placés et de beats ficelés, Soviet Suprem compte bien secouer les consciences : prônant le goulag sur scène qu’il compte réellement installer (si, si, c’est vrai), Bolchoï dévoile une grande partie de l’arsenal des trois zigotos. Répliques affûtées du commandant Staline sous fond de fanfare balkanique, les Soviet Suprem montent la garde devant le club de danse russe. Voyant ses grosses femmes danser d’une drôle de manière, il n’y a qu’un seul mot d’ordre : si tu aimes le destroy, t’y vas ! Soit tu as le jetlag… et c’est le goulag !

Mais dans la froideur de l’Est, n’allez pas croire que ses papiers sont falsifiés mais pensez à bien l’épeler. On ne plaisante pas avec la culture : Rongrakatikatong est une expression sud caucasienne qui se hurle lors d’un assaut à la kalachnikov et qui signifie « je t’aime au rythme de mon cœur qui bat, jusqu’à ce que la mort nous sépare » (définition le petit la Russe illustré). Dans ce vieux théâtre Nicolas Gogol, Rongrakatikatong endosse ce vieux costume d’histoire d’amour, très Java dans le texte mais aussi très Caravane à l’oreille, afin de divertir le comité de censure réuni au grand complet. Mais armés jusqu’aux dents, le Soviet Suprem compte bien garder la main au cours de ses assauts répétés : en dégainant à tout va (Eastern western pour un rationnement sauce country) sur les rives arides d’un Ouest dévasté, rejoins le clan camarade !

Oui, le clan de l’internationale branquignole et libertaire des Beastie Boys des Balkans va réveiller le genre humain à coups de hip hop, groove et influences balkaniques. C’est ça, l’internationalisation du communisme.

LA FICHE TECHNIQUE

Tracklist
1. Red army
2. Bolchoï
3. Rongrakatikatong
4. Eastern western

Sortie : 27 janvier 2014
Durée : 10 minutes
EP : 1er
Genres : Hip Hop / Groove / Musiques balkaniques
Side project : R-Wan de Java et Toma de La Caravane Passe

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