Chronique

Bisou « Musical spacechip » (2018)

12 mars 2018, Aiollywood
Critique Musical spaceship Bisou 14 février 2018

Le 14 février a rimé cette année entre amour (quasi-commercial) et déroute parisienne (bien réelle). Pourtant, chez ODG Prod’, ils ont eu la bonne idée de nous donner un Bisou. Pour « donner », le mot est bien choisi puisque « Musical spaceship » est disponible en téléchargement gratuit. Pour « Bisou », il s’agit non pas de tendre la joue mais plutôt l’oreille… On tient là un des plus grosses découvertes dub de l’année. Si si !

A voir le parcours de Loïc Kneib, aka Bisou, il semble vraiment surprenant de voir comment le jeune dubmaker montpelliérain a sorti une pépite aussi pure. Du haut de ses 24 ans, l’artiste a profité de l’arrêt de son précédent projet en duo, Digital Skankers, pour monter Bisou, en 2016. A peine plongé dans l’immense marmite dub, le garçon montre déjà les crocs : après un premier EP, « Haumea », sorti l’an dernier, Bisou souhaite repousser les frontières du genre. 6 titres, un style déjà bien marqué, et le voilà propulsé sur le devant de la scène : à l’affiche de la dernière édition du Télérama Dub Festival, Bisou a déjà conquis un bon nombre de dubbers. Actuellement en tournée aux côté de Panda Dub sur plusieurs dates, il n’y a aucun doute sur la capacité du gaillard à tenir la barre.

Inéluctablement, il va devoir la tenir ! Car son premier album, « Musical spaceship », laisse présager de bonnes choses à l’horizon. L’artiste se veut éclectique et sa pochette d’album illustre parfaitement le propos. Les sonorités sont dub, assurément, mais Bisou les dépassent : aux commandes de son vaisseau musical futuriste, l’artiste ajoute et triture à sa guise des sonorités électroniques et, plus loin, pop. En 10 titres cette fois, il réalise un véritable tour de force ! Lui qui n’a écouté que récemment les incontournables du dub a peut être réussi à tirer son épingle du jeu grâce à sa découverte tardive du genre… En mode « sorcier expérimental », il propose là une véritable épopée qui pousse à l’exploration…

Le titre d’ouverture, Life, prouve que Bisou s’affranchit des codes pour proposer un dub cosmique, à la fois massif et planant, qui nous fait prendre de la hauteur. Le track suivant, Hard fragility, est un condensé roots mélangeant les influences dub orientales des Ondubground qui va subitement se digitaliser. C’est probablement à la fin de ces deux titres que l’on va se faire avoir par Bisou : beaucoup d’artistes auraient sans doute continué dans cette veine de dub stepper, bien pensée, bien ficelée, clairement sexy, mais pourtant déjà entendue. Ce sont sur les huit morceaux suivants que le savoir-faire de Bisou va s’exprimer à merveille.

Tout d’abord, les deux featurings (Breakthrough et Reloveolution, respectivement avec Towst et Zaira Zen), sont au niveau avec un habit taillé pour le live. Pour ceux qui veulent ne pas tenir en place, Reloveolution est fait pour eux. Pour ceux qui souhaitent changer de décor avec des beats hip hop, presque abstract, Breakthrough est idéal. Subitement entouré de synthés et de flirts pop, Journey of king fait quant à lui son effet ! A la fois dansante et aérienne, la démonstration est une franche réussite.

Avec déjà la première partie d’album engloutie, on est encore à mille lieux de savoir que la seconde partie de ce « Musical spaceship » est un délicieux nappage chocolaté avec cinq titres puissants. Une fois la Fusée electro/dub lancée, nul ne sait où elle va se poser. Elle s’envole à un rythme effréné aux rythmes des machines de Bisou en croisant la route étonnante d’Industrial, alliant métaux lourds, electro et tek. Comme si Bisou s’amusait de nos sens, ce dernier enchaine les changements d’ambiance, habillement, et en profite pour distiller un track cartoonesque mais terriblement skunkant, 3 rounds. Décidé à poursuivre son offensive, Panda est l’exemple du track qui mute pour prendre la forme d’un véritable hybride sonore… qui s’évanouit en une poussière de poudres électroniques. Le retour sur terre se fera sans fioriture, tambours battants, au cours d’un périple de 6 minutes. Bad Flower laisse échapper un bruit, la machine s’arrête.

Nous voilà de retour à Montpellier.

FICHE TECHNIQUE

Tracklist

  1. Life
  2. Hard fragility
  3. Breaktrough (feat. Towst)
  4. Journey of king
  5. Reloveotion (feat. Zaira Zen)
  6. Fusée
  7. Industrial
  8. 3 rounds
  9. Panda
  10. Bad flower

Album : 1er
Sortie : 14 février 2018
Durée : 46 min
Genres : Dub / Electro
Label : ODG Prod

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